M/V Barfleur (1992) | Brittany Ferries

Barfleur arrivant à Cherbourg depuis Poole.

M/V Barfleur (1992) | Brittany Ferries

ex-Deal Seaways

Barfleur est un ferry RoPax de Brittany Ferries, affecté depuis son lancement en 1992 à la ligne Cherbourg – Poole. Construit en 1991 pour le compte de Truckline, alors filiale de Brittany Ferries, sa mise en service permet le remplacement de deux autres navires, Purbeck et Trégastel.

Durant l’été 2012, alors que la ligne Cherbourg – Poole est suspendue, Barfleur est affrété à DFDS pour service entre Calais et Douvres sous le nom de Deal Seaways.

Barfleur tire son nom d’un village normand de 600 normands, situé à 30 kilomètres à l’ouest de Cherbourg.

Caractéristiques Techniques du M/V Barfleur
M/V Barfleur (1992 – présent)
Le Navire
Lancement 26 juillet 1991
Refonte 1991
Voyage Inaugural 26 mars 1992
Chantier Naval Kværner Masa-Yards, Helsinki, Finlande
Coût £55 millions
Propriétaire SENAMANCHE
Exploitant Truckline (1992 – 1999)
Brittany Ferries (1999 – 2012)
DFDS Seaways (2012)
Brittany Ferries (2013 – présent)
Lignes Cherbourg-en-Cotentin – Poole (1992 – 2011, 2013 – présent)
Cherbourg-en-Cotentin – Portsmouth (2004 – 2005)
IMO 9007130
MMSI 227289000
Signe d’Appel FNIE
Port d’Immatriculation Cherbourg-en-Cotentin, Normandie, France
Caractéristiques Techniques
Longueur 148,00 m (environ, au lancement)
157,65 m (depuis refonte de 1991)
Largeur 23,30 m
Tirant d’Eau 5, 40 m
Tonnage
Jauge Brute 20 133 GT
Jauge Nette 11 679 NT
Poids Mort 4 130 DWT
Caractéristiques des Moteurs
Moteurs Principaux 4 moteurs Wärtsilä 8R32D – 12 cylindres
Puissance 15 620 kW
Vitesse 19,50 nœuds (service)
Passagers & Fret
Capacité Passagers 900 passagers + 50 membres d’équipage
Installations Passagers 93 cabines (249 couchettes)
295 sièges
Turquoise, Restaurant self-service
Les Alizées, Bar
Boutique Duty-free
Cinéma
Garage 550 voitures

De la genèse de deux sister-ship…

Après le lancement réussi de Bretagne, Brittany Ferries étudie la construction de deux sister-ship pour renouveler la flotte de ses populaires lignes normandes. Ces dernières sont alors opérées par des ferries de seconde main, soutenus par l’affrètement de fréteurs durant l’été pour répondre à la demande. La construction de deux navires plus capacitaires permettrait donc à Brittany Ferries de réaliser d’importantes économies opérationnelles, chacun de ces deux navires pouvant en remplacer deux autres.

Pour la ligne Caen – Portsmouth, une société d’économie mixte, la Senacal, existe depuis 1986 pour financer le nouveau ferry. Pour le futur navire de la ligne de Cherbourg, la Société d’Équipement Naval de la Manche (Senamanche) est créée en avril 1990. Il est alors prévu de construire deux sister-ships. Alors que les Chantiers de l’Atlantique ont un carnet de commande remplis, c’est avec les chantiers finlandais Kværner Masa-Yards que le contrat est signé, le 17 mai 1990.

Toutefois, les chantiers Kværner Masa-Yards n’ont la capacité de construire qu’un seul des deux ferries projetés par Brittany Ferries. Décision est prise de prioriser celui de la ligne Caen – Portsmouth, qui deviendra Normandie. Pendant ce temps, Claude Lenoir (un officier de Truckline), Michel Maraval (le chef architecte naval) et Christian Michielini (directeur d’armement) engagent la conception d’un navire plus petit pour la ligne de Cherbourg.

…à un ferry dédié à la ligne Cherbourg – Poole

À l’hiver 1990, Claude Lenoir, Michel Maraval et Christian Michelini visitent un chantier norvégien qui se propose pour construire le navire de 142 mètres conçu pour la ligne de Cherbourg. Cependant, ils s’étonnent que le chantier ne dispose pas d’une cale sèche de cette longueur. Ils repartent du chantier sans formaliser la commande, prenant la direction de Turku pour une réunion de chantier relative à Normandie.

Lors de cette réunion, les représentants de Brittany Ferries apprennent que Masa-Yards s’apprête à construire la coque d’un ferry de 142 mètres de long, pour le compte du même chantier norvégien qu’ils viennent de visiter. Cette coque n’est autre que celle du futur navire de Truckline. Les représentants de Brittany Ferries entreprennent donc de convaincre Masa Yards de mener la construction du car-ferry dans son intégralité, ce que le chantier finit par accepter.

La construction de la coque 485 débute à Helsinki en mars 1991. Celle-ci avance vite : le bulbe est posé le 19 juin 1991 et la coque finalisée est lancée le 26 juillet 1991. Brittany Ferries prévoit alors d’inaugurer son nouveau ferry en janvier 1992. Toutefois, les essais en mer de l’automne 1991 montrent que la flottaison du nouveau navire est insuffisante au regard du port-en-lourd souhaité.

Brittany Ferries prend donc la décision d’insérer une section de 9 mètres au milieu du navire. Le 22 décembre 1991, le car-ferry retourne donc en cale-sèche pour être coupé en deux et allongé. L’opération avance vite, permettant de reprendre les essais en mer dès le début de l’année 1992.

La mise en service de Barfleur

Le nouveau navire est livré à Helsinki le 26 mars 1992. Il appareille dès le lendemain pour Cherbourg, où il est baptisé Barfleur le 4 avril 1992 par Francine Agiton, épouse du président du conseil départemental de la Manche. Dans la foulée de son inauguration, Barfleur opère sa première traversée vers Poole, remplaçant les navires Corbière et Trégastel. Il est alors le plus gros navire à avoir jamais visité le port de Poole, dans lequel d’importants travaux de dragage ont été menés.

Durant sa première année de service, Barfleur accueille à son bord 400 000 passagers, 100 000 voitures et 50 000 poids-lourds. Il est opéré en tandem avec le Coutances.

Durant l’hiver 1997, Barfleur assure une traversée hebdomadaire entre Poole et Santander, reprenant le service opéré précédemment par Bretagne depuis Portsmouth. Le certificat passager de Barfleur est abaissé à 200 personnes sur ce service, dont l’objectif principal est de tester le potentiel sur le trafic fret. Le service est renouvelé durant l’hiver 1998-1998.

En 1999, Brittany Ferries fait disparaître la marque Truckline, repeignant dès lors Barfleur dans ses couleurs. En septembre 2000, Barfleur remplace Val de Loire, victime d’une avarie de propulsion, sur les lignes Roscoff – Cork et Plymouth – Santander.

L’acquisition du monopole sur les liaisons Cherbourg – Angleterre

À compter de l’été 2001, Brittany Ferries propose un aller-retour à grande-vitesse sur la ligne Cherbourg – Poole. Le service est opéré par Condor Ferries avec son catamaran Condor Vitesse. Ce nouveau service se positionne en concurrence à celui opéré depuis 1998 par P&O Ferries avec les catamarans Superstar Express puis Express. Après une première saison prometteuse, Brittany Ferries le reconduit au printemps 2002.

Une nouvelle étape du développement des activités de Brittany Ferries sur le port du Cotentin est franchie en 2004. Cette année-là, la compagnie crée un aller-retour en semaine vers Portsmouth avec les car-ferries Bretagne et Val de Loire. Là encore, la compagnie bretonne se positionne face à P&O Ferries, dans un contexte de concurrence accrue depuis la mise en service du Tunnel sous la Manche.

Cependant, le service Portsmouth – Cherbourg opéré par Bretagne et Val de Loire enregistre des résultats décevants, qui n’est pas reconduit l’été suivant. Mais la situation est encore plus délicate pour P&O Ferries, qui annonce la fermeture de ses opérations du port de Cherbourg, effective dès le 2 janvier 2005.

Alors que la ligne Cherbourg – Rosslare est reprise par Celtic Link Ferries, compagnie nouvellement créée, Brittany Ferries reprend à son compte la ligne Portsmouth – Cherbourg. Barfleur y opère un aller-retour quotidien, complété par une à deux rotations opérées par un catamaran à grande vitesse affrété, Normandie Express. Dès l’été 2006, Barfleur sera repositionné uniquement sur la ligne Cherbourg – Poole.

Les difficultés de la ligne Cherbourg – Poole

Le 2 août 2005, Brittany Ferries commande aux chantiers STX Europe un nouveau cargo mixte pour remplacer Coutances, alors âgé de 31 ans. Le nouveau ferry – baptisé Cotentin – entre en service le 26 novembre 2007, devenant le nouveau partenaire de Barfleur sur la ligne Cherbourg – Poole. Cotentin dispose d’un linéraire de garage deux fois plus important que son prédécesseur, une capacité mise à profit sur une, puis deux à compter de 2009, rotation vers Santander.

Malgré la fin des opérations de P&O Ferries, la ligne Cherbourg – Poole est déficitaire à partir de 2004. Les difficultés s’accroissent à compter de 2009, lorsque Celtic Link Ferries inaugure son plus propre service entre Cherbourg et Portsmouth, avec le ferry Norman Voyager. Au même moment, Brittany Ferries est confronté à d’importantes difficultés financières, liées à la chute du cours de la livre.

Pour l’été 2010, Brittany Ferries se résout donc à désarmer Barfleur. Pour cette saison, le service depuis Cherbourg est par Cap Finistère (trois rotations hebdomadaires vers Portsmouth), Normandie Express (une rotation quotidienne vers Portsmouth), Cotentin et Condor Vitesse (entre une et trois rotations vers Poole).

Le service de Barfleur est rétabli dès l’été 2011, alors que celui de Cap Finistère vers Portsmouth est supprimé. Afin de réduire ses coûts d’exploitation, sa brasserie (Les Dunes) et son salon de thé (L’Arc en Ciel) sont supprimés leur d’un arrêt technique aux chantiers ARNO de Dunkerque. Le certificat passager de Barfleur est également réduit, de 1 212 à 900 passagers. Cependant, ces modifications ne suffisent pas à redresser la rentabilité de la ligne et Barfleur est à nouveau désarmé dès la fin de l’été 2011.

Une bref carrière dans le détroit de Calais

Début-2012, le consortium LD LinesDFDS annonce affréter Barfleur pour assurer des traversées entre Calais et Douvres durant l’été 2012. Dans le sillage de la faillite de SeaFrance, cette alliance cherche ainsi à s’implanter durablement sur cette ligne et compte sur Barfleur pour accroître ses fréquences. Adapté aux spécificités des ports desservis et renommé Deal Seaways, le navire entame son service commercial le 21 avril 2012. Cependant, sa manœuvrabilité et l’accès à son garage par marée basse posent quelques enjeux pour une exploitation pérenne.

À la fin de l’été 2012, l’opinion – redoutant la suppression définitive du port de Cherbourg de la carte des services de Brittany Ferries – contraint l’armateur a annoncer la réintégration de Barfleur au sein de sa flotte. Après remise en état par DFDS, Barfleur reprend son service Cherbourg – Poole, allégé à un aller-retour quotidien, à l’été 2013. En contrepartie, le service opéré par Condor Vitesse est supprimé. Les rotations opérées par Cotentin sont supprimées à la fin-août 2013.

La modernisation de Barfeur

Désormais seul navire de Brittany Ferries à opérer à l’année au départ de Cherbourg, Barfleur est confronté aux nouvelles obligations limitant les émissions d’oxydes d’azote. Brittany Ferries annonce donc l’équipement du navire avec d’épurateurs de fumées.

Le 7 mars 2015, Barfleur appareille de Portsmouth avec une cargaison de poids-lourd en destination de Santander, où la modification doit être effectuée. Afin de compenser son absence, jusqu’à la fin-mai, le début de saison de Normandie Express est anticipée à la fin-avril 2015.

Jusqu’au printemps 2020, Barfleur assure normalement son service quotidien entre Cherbourg et Poole. Cependant, la survenue de la pandémie de Covid-19 et des confinements subséquent force Brittany Ferries à désarmer le navire dans le port de Caen.

Barfleur est réactivé le 30 janvier 2022, lorsqu’il quitte le canal de Caen pour assurer le remplacement de Normandie sur la ligne Caen (Ouistreham) – Portsmouth. Il reprend par la suite le service de la ligne Cherbourg – Poole le 4 avril. Barfleur assure à nouveau le remplacement de Normandie durant les hivers 2023-2024 et 2024-2025, desservant également à cette occasion la ligne Le Havre – Portsmouth.

Barfleur dans la bataille des îles Anglo-normandes

Durant l’année 2024, Brittany Ferries participe à l’appel d’offre pour le renouvellement de la concession de desserte des Îles Anglo-normandes, détenue par sa filiale Condor Ferries. Dans ce cadre, les gouvernements des deux îles demandent aux candidats de démontrer leur capacité à remplacer un navire titulaire à brève échéance.

Afin de démontrer son adéquation dans les deux ports, Barfleur réalise des essais d’accostage aux ports de Saint-Hélier (Jersey) le 26 mars 2024 puis de Saint-Pierre-Port (Guernesey), le 23 avril. Barfleur retourne dans les îles Anglo-normandes le 4 octobre, suite à l’annulation d’une rotation de Commodore Clipper en raison des conditions métrologiques. Il est le navire le plus long à avoir desservi ces deux ports en service commercial.

Durant l’hiver 2025-2026, la ligne Cherbourg – Poole sera pour la première fois depuis une décennie assurée durant l’hiver. Cette mise en service est la conséquence de la création d’une liaison ferroviaire entre Cherbourg et Bayonne, destinée aux poids-lourds non-accompagnées ayant emprunté la mer depuis l’Angleterre et l’Irlande. Cependant, Brittany Ferries préfère y affecter Commodore Clipper plutôt que Barfleur, le premier étant plus économique que le second. En conséquence, Barfleur est désarmé durant toute la saison hivernale.

Sources

  • « The Challenge of Barfleur. Part One ». In Brittany Ferries, B.A.I. SA, 2015. [consulté le 01er septembre 2016]. Disponible sur www.brittany-ferries.co.uk ;
  • « The Challenge of Barfleur. Part Two ». In Brittany Ferries, B.A.I. SA, 2015. [consulté le 01er septembre 2016]. Disponible sur www.brittany-ferries.co.uk ;
  • « The Challenge of Barfleur. Part Three ». In Brittany Ferries, B.A.I. SA, 2015. [consulté le 01er septembre 2016]. Disponible sur www.brittany-ferries.co.uk ;
  • « Mv Barfleur, Past and present ». In Dover Ferry Photos Forum, Goodfellow, R. ; Thornton N. ; Cloke P., 2015. [consulté le 21 août 2015]. Disponible sur www.doverferryphotosforums.co.uk ;
  • « Barfleur / Deal Seaways / Barfleur ». In Ferry Fantastic, Holland, G., 2013. [consulté le 21 août 2015]. Disponible sur www.ferryfantastic.webs.com ;
  • « M/F Barfleur ». In The Ferry Site, Koefoed-Hansen, M., 2015. [consulté le 21 août 2015]. Disponible sur www.ferry-site.dk ;
  • « Brittany Ferries ». In Simplon Postcards, Boyle, I., 2008. [consulté le 21 août 2015]. Disponible sur www.simplonpc.co.uk.
  • « MV Barfleur – Past and Present ». In Dover Ferry Photos Forum, Thornton, N., Goodfellow, R., 2025. [consulté le 6 mai 2025]. Disponible sur www.doverferryphotosforums.co.uk

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