L’avènement des ferry-croisière a marqué de son empreinte les années 1990 et le début des années 2000. À l’inverse, à compter de 2005, les ferries mixtes reviennent sur le devant de la scène. Leur mise en service marquent, pour Brittany Ferries, une stratégie de diversification qui accorde une plus grande importance au fret.
Ce choix stratégique s’explique également par un contexte économique défavorable aux cars-ferries. Le développement des vols aériens low-cost se fait au détriment du marché historique des opérateurs maritimes. Alors que nombre de lignes trans-manches ferment, Brittany Ferries maintient son réseau mais cherche de nouveaux relais de croissance. Quant à Condor Ferries, elle se résout à réduire la dimension de sa flotte pour s’adapter à la nouvelle donne.
Brittany Ferries : une forme de retour aux origines ?
Lorsqu’ils créent Brittany Ferries, en 1973, ses fondateurs cherchent à faciliter le transport de marchandises entre la Bretagne et l’Angleterre. Très vite, les services de la compagnie attirent les vacanciers, pour lesquels des navires toujours plus luxueux sont construits. Cependant, la concurrence des compagnies aériennes réduit le potentiel commercial de ce trafic. Le faible cours de la livre, en 2010, génère de nombreuses difficultés pour la compagnie qui comprend qu’elle doit se diversifier pour assurer sa pérennité.
La commande des M/V Cotentin et M/V Armorique, deux quasi-sister-ships, illustre cette nouvelle stratégie. Si le M/V Cotentin doit en premier lieu remplacer M/V Coutances entre Cherbourg et Poole, sa conception lui permet d’effectuer une rotation hebdomadaire entre l’Angleterre et l’Espagne.
Le pari espagnol s’avère rapidement gagnant. C’est ainsi que Brittany Ferries acquiert donc un ferry-rapide d’occasion en 2010, le M/V Cap Finistère. Capable de rallier Santander depuis Portsmouth en 24 heures, sa mise en service entraîne la fermeture de la ligne Portsmouth – Bilbao de P&O dès l’année suivante.
En 2014, Brittany Ferries remplace le M/V Cotentin par le M/V Étretat, qui dispose d’une capacité passagers plus importante. Deux ans plus tard, la compagnie affrète le M/V Baie de Seine à DFDS pour créer une rotation supplémentaire vers l’Espagne. Désormais, sept rotations sont proposées chaque été entre l’Angleterre et l’Espagne, contre à peine trois une décennie auparavant.
Après avoir développé ses activités espagnoles, Brittany Ferries s’intéresse à partir de 2018 au marché irlandais. C’est ainsi que la compagnie affrète en 2018 le M/V Connemara, un sister-ship du M/V Étretat, pour créer une nouvelle ligne entre Cork (Irlande) et Santander (Espagne).
Les années 2000 de Condor Ferries : une réduction de la flotte
Après l’acquisition des HSC Condor Express et Condor Vitesse, la flotte de Condor Ferries connaît une relative stabilité. En 2010, la compagnie acquiert le HSC Condor Rapide pour remplacer son vieillissant HSC Condor 10. Le garage de ce dernier manquait désormais de capacité pour la ligne Saint-Malo – Îles Anglo-normandes.
En août 2014, la compagnie annonce l’acquisition d’un nouveau trimaran pour remplacer ces deux catamarans affectés à la ligne Angleterre – Îles Anglo-normandes. Ce dernier, le HSC Condor Liberation, est mis en service en mars 2015. Plus vertueux que ces deux prédécesseurs, sa mise en service est néanmoins marquée par de nombreuses polémiques.









